Le défi rando, quand 20km se transforment en 30km dans un temps limité et amène un dépassement

Le défi rando, quand 20km se transforment en 30km dans un temps limité et amène un dépassement physique et mental supérieur.

Toute heureuse de faire une rando avec mon frangin, j’ai donc préparé celle-ci en utilisant ma carte IGN et une appli mobile … Visorando (que vous déconseille totalement par ailleurs), pour changer de mes habitudes.


Munie de mon tel et de ma carte je prends le temps la veille de tracer notre itinéraire avec les conseils de l’appli. Au programme, Mont Aurélien, Rocher de onze heure, Mont Olympe, divers vallons, église et village abandonnés, … bref des trucs sympas et changeant des parcours classiques. Le tout sur une boucle d’environ 20km avec un positif dépassant les 900 mètres et quasi autant en négatif. Pour une côtière c’est la rando défi en montagne car jamais fait encore, je vais donc me tester.


Je choisi ma bonne grosse paire de Salomon, les bâtons de rando, mes 2 litres d’eau, amandes, fruits secs et compagnie, un bout de fromage et saucisson. Je glisse la trousse des premiers secours dans le sac, aspivenin, … Téléphone chargé à bloc pour le au cas où (excepté les photos et vidéos) car toute la rando se fera via la carte. J’adore marcher seulement à la carte et boussole, je retombe en enfance quand je m’imaginais pirate, indien, explorateur de nouveaux mondes terrestres et galactiques, …. Bref un bon kiff personnel. Niveau fringue, pantalon de rando Quechua léger et t-shirt laine pour rando, et astuce pour les novices, pensez aussi à vos sous-vêtements, virez le synthétique. J’ai un copain qui a eu de petits problèmes de frottements transformés en brûlures durant notre grande rando.

Bon jusque-là j’ai tout et suis au point.


Le premier gag arrive. La veille, mon frangin m’annonce que nous avons un temps limité pour la rando, je dis donc adieu aux multiples pauses d’observation et de croquis aquarelle. Il va falloir enquiller les 20 bornes pour être dans les créneaux horaires et surtout la démarrer à 6h30 du matin. Bon ça à vrai dire c’est plutôt intéressant pour mon corps, je lui épargne les grosses chaleurs d’autant que nous attaquons normalement la seule grimpe d’entrée de jeu.


Le réveil sonne, je saute du lit à 6h en voiture pour rejoindre le point de départ qui est à 20 minutes de chez lui où sa femme nous dépose. Nous démarrons alors à la fraîche le départ de rando sous une magnifique pleine lune et sommes accueillis dès le démarrage au pied du mont par un sanglier un peu ronchon qui nous laisse tout de même passer notre route. Pour info après avoir repérer les points pour se mettre en hauteur, j’avais rapidement mis la main sur ma lacrymo en gel qui est très accessible (un truc que ma filé un autre randonneur pour le au cas où avec un animal peu sympathique – cependant sachez qu’il est interdit d’en avoir une cf-législation française et surtout en cas d’utilisation, faites gaffe au sens du vent pour les sprays).


Une fois ce premier interlude passé, rapidement je réalise qu’il y a zéro balisage, mais bon, pas grave, tout le chemin est bien tracé car souvent emprunté. Nous grimpons ainsi en 2h30 en haut du mont essuyant des passages assez à pic, mais restant sécure. Une fois là-haut et après avoir passé les nuages qui se sont au final vite dissipés, nous découvrons une vue magnifique, un peu dingue pour moi qui découvre ce type de paysage !!

Nous amorçons la descente du mont pour poursuivre notre route. Arrivés dans le bas, nouveau sanglier peu ravi de nous entendre et un jeune marcassin qui plus loin trace sa route, pour rejoindre l’autre côté de notre chemin. Là aussi pas d’encombre, nos amis les sangliers nous laissent poursuivre sereinement malgré leur grognements.


C’est maintenant que ça se gâte. Sur notre carte nous sommes censés emprunter un chemin sur notre droite, mais nous arrivons face à deux malinois qui gardent le chemin lui-même traversé par un fil électrique pour contenir les deux boules de poils. Nous n’insistons pas, faisons demi-tour et prenons alors sur notre gauche malgré la distance qui vient d’un seul coup d’augmenter. A vue de nez, disons 5 kms de plus à ce moment-là.


Allez ce n’est pas grave, on y va, de toute façon pas le choix il faut avancer. Dix minutes plus tard, nous apercevons deux hommes en train de boucher les trous sur la route ou nous étions. Dans ma tête tout va très vite, vu la voiture, la plaque étrangère, les tenues vestimentaires de l’un et l’autre, l’outillage, … là je me dis qu’il y a un gag monumental … nous devons être sur une propriété privée. Je ne dis rien au frangin et passe devant eux avec un grand sourire en lançant un bonjour joyeux et détendu. Ils nous regardent avec des yeux de merlans frits, un peu blazés et le plus ancien nous demande d’où nous venons. C’est là que je lui raconte notre rando et la préparation de celle-ci, jusqu’au moment où il me demande avec quelle appli. Voilà le problème ! Visorando ne respecte pas la propriété privée et fait parcourir le randonneur dans des endroits interdits.


Bien heureusement pour nous, les deux propriétaires ont été plutôt sympathiques, malgré leur ras-le-bol visible, tout en nous spécifiant que certains sont bien moins patients et ont la gâchette facile pour faire peur aux randonneurs.



Nous avons donc regardé la carte ensemble pour poursuivre notre itinéraire d’origine, excepté le village abandonné et certains vallons car nous serions de nouveau dans leur terre. Il nous faut donc rejoindre les chemins balisés et c’est là que les choses vont se compliquer. Nous rajoutons encore de la borne et une nouvelle grimpette abrupte à plus de 700 mètres et sans parler de la descente où à certains passages nous nous sommes mis sur nos fesses, histoire de rester en sécurité. Ce qui est drôle, c’est que j’avais une trouille monstre que mon frère glisse et inversement, il faut dire que nous étions sur une pente caillouteuse qui devait à vue de pif approcher les 50/55% de pente, si ce n’est plus à certains moments.


Une fois en bas, nouvelle grimpette pour monter en haut d’un Hermitage, puis redescente jusqu’au parking où nos femmes sont venues nous récupérer. En arrivant elles nous annoncent qu’elles ont mis 50 minutes à venir et que nous avions changé de département, nous sommes dans les Bouches du Rhône … en bref ce périple à eut lieu de 6h30 à 15h45 pour les 30 km, moi je dis pas mal pour une première !!


Ce défi rando a été plus loin que je n’avais prévu. Il m’a permis de voir de nouvelles ressources chez moi malgré certaines manifestations de ma sclérose en plaques liées au phénomène d’Uhthoff entre autres. Mon mental à déverrouillé de nouvelles portes et m’a amené encore plus de légèreté.

Je sais grâce à ce périple que je peux aller encore plus loin. Que j’ai envie d’aller encore plus loin et que pour cela, il va falloir que je continue à me préparer physiquement, à me renforcer.

Je veux un trek de fou, une première grande quête de sens qui d’ailleurs commence à se dessiner dans un coin de ma tête.

Et vous ? Les imprévus qui vous font vous dépasser, quels ont-ils été et que vous ont-ils amenés ?




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"Ce site est une histoire personnelle. Nous sommes uniques, il est donc de la responsabilité de chacun de se rapprocher du corps médical pour son propre cas. Je ne suis pas médecin."

 

Anne-Sophie Van Nuvel

  • Athlète et Sépienne
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